du Capitaine Cook. 371
d’une figure agréable; ils furent d’gutant plus charmésde la voir, qu’elle avoit pafië quelques jours fansvenir au camp, & qu’on nous avoit rapporté qu’elleétoit malade ou morte.
Le 13 , le marché étant fini à dix heures, M. Banksvoulant fe procurer un ombrage pendant la chaleurdu jour, alla fe promener dans les bois , portant fonfufil comme à l’ordinaire ; en s’en revenant, il ren-contra Tubourai Tamaïdé , près de la maifon qu’ilhabitoit par intervalles ; comme il s’étoit arrêté pourpalier quelque tems avec lui, l’Indien lui arrachafubitement le fufil des mains, le banda & l’élevant eni’air , il tira la détente ; heureufement l’amorce brûlafans que le coup partît. M. Banks lui reprit bientôtfon fufil , très-furpris de voir qu’il eut acquis allezde connoilïance du méchanifme de cette arme pour ladécharger, & il lui reprocha avec beaucoup de fé-vérité ce qu’il venoit de faire ; comme il étoit très-important de ne pas apprendre aux Otahitiens com-ment on manioit ces armes , M. Banks dans toutesles occafions leur avoit dit qu’ils ne pouvoient pas nousfaire une plus grande offenfe que de les toucher : ilétoit néceffaire alors de réitérer ces défenfes avec plusde force , & il ajouta pour cela les menaces à fesreproches. Tubourai Tamaïdé fupporta tout patiem-ment; mais dès que M. Banks eut traverfé la riviere,l’Indien partit avec toute fa famille & fes meublespour fa maifon d’Eparre. Les Otahitiens qui étoiencau fort apprirent bientôt cette nouvelle ; nous crai-gnîmes les fuites du mécontentement de Tubourai Ta-
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