du Capitaine Cook. 367
vailloit prefque continuellement ; ils nous donnoient !des morceaux de fer, que nous penfâmes qu’ils avoientreçus du Dauphin ,en nous priant de leur en fabriquerdes inftrumens de différente efpèce; comme j’avoistrès-grande envie de faire tout ce qui pouvoit les con-tenter , on fatisfaifoit leur empreffement , à moinsque les ouvrages du vaiffeau n’exigea fient tout le temsdu ferrurier. Obéréa ayant reçu fa hache, nous en-gagea à lui' en faire une autre avec du vieux ferqu’elle nous montra ; cette opération n’étoit pas pof-fible, elle nous apporta alors une hache rompue , afinde la lui raccommoder. Je fus charmé de cette occafionqui me donnoit un moyen de regagner fes bonnesgrâces ; fa hache fut raccommodée , & elle parut fa-tisfaite. Ils s’en allèrent le foir & emmenèrent lapirogue qui avoit refiée long-tems à la pointe du fort;mais ils nous promirent de revenir dans trois jours.
Le 10, je plantai quelques pépins de melons, &des graines d’autres plantes, dans un terrein qui avoitété préparé pour cet effet : nous les avions mi fes pen-dant le voyage dans des petites bouteilles bouchéesavec de la poix-réfine. Excepté la graine de mou-tarde aucune autre ne germa, les concombres & lesmelons ne prirent pas, & M. Banks penfa que ledéfaut abfolu d’air avoit gâté les graines.
Nous apprîmes ce jour-là que les Indiens don-noient à leur ifle le nom d 'Otahïti ; nous vîmes, aprèsbeaucoup de peines , qu’il étoit ablolument impoffi-ble d’apprendre aux Otahitiens à prononcer nos noms;lorfqu’ils vouloient les articuler , ils produisent des
Ann. 1769.Mai.