Ann. 1769.Mai.
5 GG Voyage
: & qu’il étoit facile de fe tromper en regardant commeun leul arbre cet affemblage de tiges jointes de prèsles unes aux autres, & toutes réunies par une végéta-tion commune.
Quoique le marché du fort fût allez bien fourni,cependant les provilions y abordoient plus lentement ;au commencement de notre féjour nous en achetionsune quantité fuffifante pour notre confommation ,entre le lever du loleil & huit heures du matin ;mais ce commerce nous prenoit alors la plus grandepartie du jour. M. Banks plaça fon petit bateaudevant la porte du fort, & les Otahitiens venoienty faire leurs échanges. Jufqu’à préfent les petites ver-roteries avoient fuffi pour payer les noix de cocos& les fruits h pain ; comme ces denrées n’y étoientplus en fi grande abondance, nous fûmes obligés pourla première fois, de montrer nos clous : pour un desplus petits , qui avoir quatre pouces de long , les In-diens nous donnoient vingt noix de cocos & du fruità pain en proportion, & dans peu de tems le marchéfut approvifionné comme à l’ordinaire.
Le 9 , dans la matinée, Obéréa vint nous faire fapremière vifite , depuis la perte de notre quart denonante , & la malheureufe détention de Tootahah ;elle étoit accompagnée d’Obadée , qui étoit alorsIon favori , & de Tupia ; ils nous préfentèrent uncochon & quelques fruits à pain , & nous leur don-nâmes en retour une hache. Nous avions fourni alorsa la curiofité de nos amis les Indiens un fpeéfacleintercffant & nouveau : notre forge étoit drelfée & tra-