du Capitaine Cook. 363
trois cris de joie : le fpe&acle étoit fufpendu alors pen-dant quelques minutes ; enfuite un autre couple delutteurs s’avancoit dans l’arène , & combattoit de lamême manière. Après que le combat avoit duré uneminute, fi l’un des deux n’étoit pas mis à terre, ilsfe féparoient d’un commun accord , ou par l’inter-vention de leurs amis, & dans ce cas chacun étendoitfon bras , en frappant l’air pour faire un nouveaudéfi au même rival ou à un autre. Tandis que leslutteurs étoient aux prifes , une autre troupe exécu-toit une danfe qui duroit aufii l’efpace d’une minute ;mais les danfeurs & les lutteurs, entièrement occupésde ce qu’ils faifoient, ne donnoient pas la moindreattention les uns aux autres. Nous obfervâmes avecplaifir que le vainqueur ne montroit jamais d’orgueil àl’égard de l’adverfaire qu’il avoit défait , & que levaincu ne murmuroit point de la gloire de fon rival.Enfin pendant tout le combat on voyoit fe foutenir labienveillance & la bonne humeur ; quoiqu’il y eût aumoins cinq cens fpeélateurs , dont quelques-uns étoientdes femmes : il eft vrai qu’elles étoient en petit nom-bre ; plus , elles étoient toutes d’un rang diftingué, &nous avons des raifons de croire qu’elles n’afliftoientà ce fpeêtacle que par égard pour nous.
Ces combats durèrent environ deux heures : pen-dant ce tems l’homme qui nous avoit fait faire placelors de notre débarquement , retenoit les Indiens àune diftance convenable , en frappant rudement defon bâton ceux qui s’avançoient trop ; nous nous in-formâmes de fon état, & nous apprîmes que c’étoit
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