Voyage
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l — - Quand tout fut prêt, dix ou douze hommes que
Ann. 1769. nous comprîmes être les combattants, & qui n’avoientd’autre vêtement qu’une ceinture d’étoffe, entrèrent dansl’arène; ils en firent le tour lentement & les regardsbaiffés, la main gauche fur la poitrine ; de la droitequi étoit ouverte, ils frappoient fouvent l’avant-brasde la première avec tant de roideur, que le coup pro-duifoit un fon aflez aigu ; c’étoit un défi général quefe faifoient les combattans les uns aux autres , ou qu’ilsadreffoient aux fpeélateurs. D’autres athlètes fuivirentbientôt ceux-ci de la même maniéré ; ils fe donnèrentenfuite des défis particuliers , & chacun d’eux choifitfon adverfaire ; cette cérémonie confiftoit à joindreles bouts des doigts & à les appuyer fur fa poitrine ,en remuant en même-temps les coudes en haut ôcen bas avec beaucoup de promptitude ; fi l’homme kqui le lutteur s’adreffoit, acceptoit le cartel, il répétoitles mêmes lignes & ils fe mettoient tous deux fur lechamp dans l’attitude de combattre. Une minute aprèsils en venoient aux mains ; excepté dans le premiermoment, c’étoit une pure difpute de force ; chacuntâchoit d’abord de faifir fon adverfaire par la cuiffe,& s’il n’en venoit pas à bout, par la main , les che-veux , la ceinture ou autrement ; ils s’accrochoient enfinfans dextérité ni bonne grâce , jufqu’à ce que l’undes atlhetes, profitant d’un moment avantageux, ouayant plus de force dans les mufcles, renverfât l’au-tre. Lorfque le combat étoit fini, les vieillards ap-plaudiffoient au vainqueur par quelques mots , quetoute l’affemblée répétoit en chœur fur une efpèce dechant, ôe la viétoire étoit célébrée ordinairement par