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2 (1774)
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362
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Voyage

3 6z

l - Quand tout fut prêt, dix ou douze hommes que

Ann. 1769. nous comprîmes être les combattants, & qui navoientdautre vêtement quune ceinture détoffe, entrèrent danslarène; ils en firent le tour lentement & les regardsbaiffés, la main gauche fur la poitrine ; de la droitequi étoit ouverte, ils frappoient fouvent lavant-brasde la première avec tant de roideur, que le coup pro-duifoit un fon aflez aigu ; cétoit un défi général quefe faifoient les combattans les uns aux autres , ou quilsadreffoient aux fpeélateurs. Dautres athlètes fuivirentbientôt ceux-ci de la même maniéré ; ils fe donnèrentenfuite des défis particuliers , & chacun deux choifitfon adverfaire ; cette cérémonie confiftoit à joindreles bouts des doigts & à les appuyer fur fa poitrine ,en remuant en même-temps les coudes en haut ôcen bas avec beaucoup de promptitude ; fi lhomme kqui le lutteur sadreffoit, acceptoit le cartel, il répétoitles mêmes lignes & ils fe mettoient tous deux fur lechamp dans lattitude de combattre. Une minute aprèsils en venoient aux mains ; excepté dans le premiermoment, cétoit une pure difpute de force ; chacuntâchoit dabord de faifir fon adverfaire par la cuiffe,& sil nen venoit pas à bout, par la main , les che-veux , la ceinture ou autrement ; ils saccrochoient enfinfans dextérité ni bonne grâce , jufquà ce que lundes atlhetes, profitant dun moment avantageux, ouayant plus de force dans les mufcles, renverfât lau-tre. Lorfque le combat étoit fini, les vieillards ap-plaudiffoient au vainqueur par quelques mots , quetoute laffemblée répétoit en chœur fur une efpèce dechant, ôe la viétoire étoit célébrée ordinairement par