Ann
du Capitaine Cook. 343
pêchoit de comprendre fes fignes, il fie entendre que :le boucher avoit menacé ou entrepris d’égorger fafemme avec cette arme. M. Banks lui dit par fignes,que s’il pouvoit expliquer clairement la nature du dé-lit , l’homme feroit puni ; à cette réponfe l’Indien fecalma , il fit comprendre à M. Banks que le délin-quant ayant pris fantaifie d’une hache de pierre quiétoit dans fa maifon, il l’avoit demandée à fa femmepour un clou ; que celle-ci ayant refufé de conclure lemarché pour ce prix , l’Anglois avoit jetté le clou àterre & pris la hache , en la menaçant de lui couperla gorge fi elle faifoit réfiftance. L’Indien produifit lahache & le clou , afin de donner des preuves de l’ac-cufation , & le boucher dit fi peu de chofe pour fadéfenfe, qu’il n’étoit pas poffible de douter de la véritédu fait.
M. Banks me communiqua cette aventure, & je prisle moment où le chef, fes femmes & d’autres Indiensétoient a bord du vaiffeau pour faire venir le boucher.Après lui avoir rappellé les preuves de fon crime , jedonnai ordre qu’il fût puni , afin de prévenir par - làde femblables violences & acquitter M. Banks de fapromefle. Les Indiens regardèrent avec attention,pendant qu’on déshabilloit le coupable & qu’on l’atta-choit aux agrès ; ils étoient en filence ôc attendoienten fufpens ce qu’on vouloit lui faire : dès qu’on luieut donné le premier coup, ils s’approchèrent de nousavec beaucoup d’agitation , & nous fupplièrent de luiépargner le refte du châtiment. J’avois plufieurs rai-lons de n’y pas confentir, & lorfqu’ils virent que leur