3 2.8 Voyage
moment d’y entrer à l’improvifie, 6t furprenantla fen-Ann 1769. t j ne j| e ^ j u j avoit arraché Ton fufil ; l’Officier qui com-mandoic le détachement, Toit par la crainte de nouvellesviolences , foit par le defir naturel d’exercer une au-torité à laquelle il n’écoit pas accoutumé, foit enfinpar la brutalité de fon cara&ère , ordonna aux Soldatsde marine de faire feu : ceux-ci ayant aulfi peu deprudence ét d’humanité que l’Officier , tirèrent aumilieu de la foule qui s’enfuyoit ôt qui étoit com-polée de plus de cent perlonnes ; ils obferverentqu’ils n’avoient pas tué le voleur , ils le pourfuivirenc6c le firent tomber roide mort d’une nouveau coupde fufil ; nous lûmes par la fuite qu’aucun autre Ota-hitien n’avoit été tué ni blefîé.
Ov/haw qui ne nous avoit point quittés, obfervantqu’il n’y avoit p'us aucun de fes compatriotes autourde nous , ralfembla avec peine un petit nombre de ceuxqui avoient pris la fuite, & les fit ranger devant latente ; nous tâchâmes de juftifier nos gens auffi bienqu’il nous fût poffible , 6c de convaincre les Indiensque s’ils ne nous faifoient point de mal, nous ne leuren ferions jamais : ils s’en allèrent fans témoigner nidéfiance , ni reffentiment , 6c après avoir démonténotre tente, nous retournâmes au vaiflèau peu con-tens de ce qui s’étoit paflé dans-la journée.
Nous interrogeâmes plus particulièrement le déta-chement de garde , qui s’apperçut bientôt que nousne pouvions pas approuver la conduite. Les Soldatspour le défendre dirent que la fentinelle à qii onavoit arraché fon fufil, avoit été attaquée 6c jettée à
terre