du Capitaine Cook. 319
qu’un toît fans enceintes ni murailles , & toute lafcène réalife ce que les fables poétiques nous racontentde l’Arcadie. Nous remarquâmes pourtant avec regretque, dans toute notre courfe, nous n’avions apperçuque deux cochons ôc pas une volaille. Ceux de nosgens qui avoient été de l’expédition du Dauphin nousdirent que nous n’avions pas encore vû les Indiens dela première claffe. Ils foupçonnèrent que les chefs s’é-toient éloignés ; ils voulurent nous conduire à l’en-droit où étoit fitué, dans le premier Voyage, ce qu’ilsappelloient le Palais de la Reine; mais nous n’en trou-vâmes aucun veftige. Nous nous décidâmes à retour-ner le lendemain au matin, & à faire des efforts pourdécouvrir la NohleJJe dans fes retraites.
Dès le grand matin du 13 , avant que nous fullionsfortis du vaiffeau, quelques pirogues, dont la plupartvenoient du côté de l’Oueft, s’approchèrent de nous.Deux de ces pirogues étoient remplies d’indiens qui ,par leur maintien & leur habillement, paroifloient êtred’un rang fupérieur. Deux d’entr’eux vinrent à bord& fe choifirent parmi nous chacun un ami ; l’un quis’appelloit Matahah , prit M. Banks pour le lien , &l’autre s’adreffa à moi ; cette cérémonie confifta à fedépouiller d’une grande partie de leurs habillements& à nous en revêtir. Nous préfentâmes en retourà chacun une hache & quelques verroteries. Bientôtaprès, en nous montrant le S. O., ils nous firent ligned’aller avec eux dans les endroits où ils demeuroient ;comme je voulois trouver un havre plus commode, &faire de nouvelles épreuves fur le cara&ère de ce peu-ple , j’y confentis.
Ann. \- 769 .Avril.