Voyage
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Ann. 1769,Avril.
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: champ nous en prîmes tous un rameau que nous tîn-mes dans les nôtres de la môme maniéré.
Ils marchèrent avec nous environ un demi-mille,vers l’endroit où le Dauphin , conduit par Owhaw ,avoic fait fon eau ; quand nous y fûmes arrivés , ilss’arrêtèrent, & mirent à nud le terrein en arrachanttoutes les plantes : alors les principaux d’entr’eux yjettèrent les branches verres qu’ils tenoient, en nousinvitant par fignes à faire la même chofe. Nous mon-trâmes à l’inftant combien nous étions empreffés à lesfatisfaire, & , afin de donner plus de pompe à la cé-rémonie , je fis ranger en bataille les Soldats de Ma-rine , qui marchèrent en ordre & placèrent leurs ra-meaux fur ceux des Indiens, & nous luivîmes leur exem-ple. Nous continuâmes enfuite notre marche, & lorf-que nous fûmes parvenus au lieu de l’aiguade , lesIndiens nous firent entendre par fignes que nouspouvions occuper ce canton ; mais nous ne le trou-vâmes pas convenable. Cette promenade difiipa la ti-midité des Indiens , que la fupériorité de nos forcesleur avoit infpirée d’abord , & ils prirent de la fami-liarité. Us quittèrent avec nous î’aiguade , & nous firentpaffer à travers les bois. Chemin faifant, nous diftri-buâmes de la verroterie & d’autres petits préfents, &nous eûmes la fatisfaélion de voir qu’ils leur faifoientbeaucoup de plaifir. Notre détour fut de quatre à cinqmilles , au milieu de bocages qui étoient chargés denoix de cocos & de fruits-k-pain , & qui donnoientl’ombrage le plus agréable. Les habitations de ce peu-ple , fituées fous ces abrbres , n’ont pour la plupart