du Capitaine Cook. 309
perçûmes quelques-uns des habitans qui nous fui-voient dans une pirogue équippée d’une voile. Nous 1769ne crûmes pas devoir les attendre, &, quoiqu’ils euf-fent paffé le récif, ils s’en retournèrent bientôt après.
Suivant ce que nous avons pû connoitre desnaturels du pays , lorfque nous étions le plus près dela côte, ils font à peu près de notre taille & bien faits.
Il nous fembla qu’ils étoient nuds & d’un teint brun ;leurs cheveux noirs étoient renfermés dans un rézeauautour de la tête, & formoient par derrière une efpècede touffe. La plupart portoient deux armes dans leursmains, l’une un bâton mince de dix à quatorze piedsde long , au bout duquel étoit un petit nœud taillé àpeu près comme la pointe d’une lance ; l’autre avoitenviron quatre pieds de long & la forme d’une pa-gaye; ce pouvoit en être véritablement une, car quel-ques-unes de leurs pirogues étoient très-petites. Cellesqu’ils mirent en mer fous nos yeux, ne pouvoient guè-res porter plus des trois hommes qui y entrèrent ; ileft vrai que nous en vîmes d’autres qui avoient fix oufept hommes a bord, & que dans l’une on avoit hifleune voile qui ne s’élevoit pas à plus de fix pieds aa-def-fus du plat bord , & dont ils formèrent une efpècede banne , lorfque la pluie vint à tomber. La piroguequi nous fuivoit en mer, portoit une voile peu diffé-rente d’un Tréou angîois, & prefque aufîi élevée quecelle dont on fe ferviroit dans un bateau Anglois dela même grandeur.
Les hommes qui fe tinrent fur la côte vis-à-vis denotre bâtiment , firent plufieurs fignaux ; il n’eff pas