icmnanga
Ann. 1769.Mars.
308 Voyage
V^ 4 rc. Nous rangeâmes la côte S. O. de cette ifle , &nous entrâmes dans une baie, dont le gifement eft auN. O. de la pointe la plus méridionale du grouppe : ony trouve une mer unie & l’apparence d’un mouillage,fans beaucoup de houle fur la côte. A trois quarts demilles du rivage , la fonde ne nous rapporta point defond par 100 brafles ; & je ne crus pas qu’il fût pru-dent d’avancer plus près.
Sur ces entrefaites, plufieurs des habitans s’afîera-blèrent fur la côte; quelques-uns vinrent dans des pi-rogues jufqu’aux récifs, mais ils ne voulurent pas lespafTer. Sur cela, nous voguâmes à petites voiles le longde la côte ; dès que nous fûmes vers l’extrémité del’Ifle , fix Indiens , qui s’étoient tenus pendant quel-que tems vis-à-vis du vaifleau , lancèrent fur le champà la mer deux pirogues avec beaucoup de promptitude& de dextérité , & nous imaginâmes qu’ils avoientdefî'ein de venir à bord. En conféquence, nous mîmesà la cape, mais ils s’arrêtèrent, comme leurs camara-des, fur les récifs. Nous ne fîmes pas voile tout defuite, parce que nous apperçûmes deux mefiagers qued’autres pirogues plus grandes leur avoient dépêchés ;ces mefiagers alloient en grande hâte , tantôt mar-chant à guet & tantôt nageant autour du récif; enfinils arrivèrent ; les Indiens qui étoient à bord des deuxpirogues , ne faifant plus de difpofitions pour s’avan-cer après avoir reçu le méfiager , nous crûmes qu’ilsavoient réfolu de ne pas aller plus loin. Nous attendî-mes quelque tems & nous nous éloignâmes ; lorfquenous fûmes à deux ou trois milles de la côte, nous ap-