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du Capitaine Cook. 187
donner un autre objet Les deux guides qui condui-firent MM. Banks & Solander au village , & un desAméricains qui vint à bord du vaiffeau, étant les feulsà qui nous avons entendu pouffer ces cris , nousconjeélurâmes que c’étoient des prêtres. Du-reffe ,ces hommes, les plus miférables & les plus ftupidesdes créatures humaines, le rebut de la nature , néspour confumer leur vie à errer dans ces défertsaffreux où nous avons vu deux Européens périr defroid au milieu de l’été, fans autre habitation qu’unemalheureufe hutte formée de quelques bâtons & d'unpeu d’herbes féches , où le vent , la neige & lapluie pénètrent de toutes parts , prefque nuds , del-titués même des commodités que peut fournir lart leplus groffier , privés de tout moyen de préparer leurnourriture”, ces hommes, dis-je, étoient contents; ilsfembloient ne défirer rien au-delà de ce qu’ils pofîè-dent. Rien de ce que nous leur offrions ne leur paroiffoitagréable , à l’exception des grains de verre & de quel-ques ornemens fuperflus. Nous n’avons pas pu favoir cequ ils fouffrent pendant la rigueur de leur hyver ; maisil eft certain qu’ils ne font affeétés douloureufement dela privation d’aucune des commodités fans nombreque nous mettons au rang des choies de premièrenécelfité. Comme ils ont peu dé defirs , il eff pro-bable qu’ils les fatisforit tous. Il n’eft pas ailé dedéterminer ce qu’ils gagnent à être exempts du tra-vail , de l’inquiétude & des foins que nous coûtentnos efforts continuels pour fatisfaire cette multi-tude infinie de defirs divers , que l’habitude d’unevie artificielle a fait naître dans nos cœurs ; mais
Ann. 1769.Janvier.