Voyage
g a w sw f 1 vmvnm yj
Ann. 1769.Janvier.
2 3 6
& le fac dont nous avons parlé plus haut , 6c quiparoiffent faits de manière à pouvoir être trans-portés facilement à la main & fur le dos. L’uni-que habillement que nous leur ayions vu eft à peinefuffifant pour les défendre du froid dans l’été de cepays , & beaucoup moins dans l’hiver qui doit y êtretrès-rude. Les coquillages dont ils font leur uniquenourriture doivent s’épuifer Iorfqu’ils ont demeuréquelque tems fur la même partie de la côte ; enfin lesmaifons abandonnées que nous avons trouvé dans labaie de Saint- Vincent confirment encore cette con-jecture.
Une autre raifon de croire que ce peuple eft errant,c’eft que nous ne leur avons vu aucun bateau , nicanot, ni rien de femblable ; il eft pourtant difficilede croire qu’ils en foient abfolument dépourvus ; d’au-tant plus qu’ils n’éprouvoient point le mal de mer foiedans la chaloupe , foit à bord du vaiffeau. Nous crûmesqu’il y avoit un détroit ou canal venant du détroit deMagellan , & pénétrant dans l’intérieur de cette iflepar où ces gens pouvoient être venus, en laiffant leurscanots à l’extrémité de ce canal.
Ils ne paroiffent fournis à aucune forme de gou-vernement , ni à aucune fubordination ; perfonnen’eft plus refpeèté qu’un autre ; cependant ils viventenfemble dans la plus parfaite intelligence. Nousn’avons découvert parmi eux aucune apparence dereligion , excepté les cris dont nous avons parlé ,& que nous fuppofons être une cérémonie fuperfti-tieufe, par l’unique raifon que nous ne pouvons lui
4