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2 (1774)
Entstehung
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278
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2.78 Voyage

regardés comme morts , un autre étoit fi mal quonAnn. 1769. doutoit beaucoup quil pût revoir le lendemain , &1Vler un quatrième, M. Buchan, étoit menacé de retomberdans fon accès par la nouvelle fatigue quil avoit ef-fuyée pendant cette fâcheufe nuit. Ils étoient éloignésdu vaifleau dune journée de chemin , il leur falloittraverfer des bois inconnus dans Iefquels ils pouvoientcraindre de ségarer & dêtre furpris par la nuit fui-vante. Comme ils ne sétoient préparés quà un voyagede huit ou dix heures, il ne leur reftoit pour provifionquune efpèce de vautour quils avoient tué en fe met-tant en marche, & qui , partagé également , ne pou-voit fournir à chacun deux que quelques bouchées.Us ne favoient comment ils pourroient foutenir lefroid fi la neige continuoit ; ils jugeoient de la duretéde ce climat par une feule obfervation , ceft quilsétoient alors au milieu de lété ; le 21 Décembre, étantle plus long jour dans cette partie du Monde ; & toutdevoit leur faire craindre les plus grandes extrémitésdu froid , lorfquils étoient témoins dun phénomènequon ne voit pas même en Norwege & en Laponiedans la même faifon de lannée.

La pointe du jour commençant à paroître, en jet-tan t les yeux de tous côtés , ils ne virent rien que dela neige qui leur paroiffoit auffi épaiffe fur les arbresque fur le terrein, & de nouvelles bouffées fe fuccé-dant continuellement avec la plus grande violence ,il leur fut impoflible de fe mettre en marche. Us igno-roient combien cette fituation pouvoit durer , & ilsavoient trop de raifons de craindre de ne pouvoir for-