du Capitaine Cook. 179tir de cette horrible forêt, & d’y périr de faim ôc de
Ann. 1765?.
froid.
Ann. 1765?.Janvier.
Ils avoient fouffert tout ce qu’on peut imaginer del’horreur d’une pareille fituation , lorfqu’à fix heuresdu matin ils conçurent quelques efpérances de falut,en diftinguant le lieu du lever du foleil au travers lesnuages qui commençoient à devenir un peu moinsépais & à fe diffiper. Leur premier foin fut de voirfi les pauvres malheureux , qu’ils avoient laifles enfe-velis fous des branches d’arbres , vivoient encore.Trois de la compagnie furent dépêchés pour cela , ôcrevinrent bientôt avec la trille nouvelle qu’ils étoiencmorts.
Quoique le ciel fe nettoyât toujours davantage,la neige continuoit à tomber avec tant d’abondance,qu’ils n’ofoient fe hafarder à reprendre leur route versle vailfeau ; mais, fur les huit heures, une petite brifes’éleva qui , fortifiée de l’aétion du foleil, acheva d’é-claircir le tems , & bientôt après ils virent la neigetomber des arbres en gros floccons ; ligne certain del’approche d’un dégel. Ils examinèrent alors avec plusd’attention l’état de leurs malades. Erifcoe étoit en-core très - mal, mais il dit qu’il fe croyoit en état demarcher. M. Buchan étoit beaucoup mieux que ni lui,ni fes compagnons n’eufient ofé l’elpérer. Ils étoienccependant preffés par la faim qui , après un fi longjeûne, l’emporta fur toutes les autres craintes. Avantde partir, il fut convenu unanimement qu’on mange-roit le vautour ; il fut plumé , ôc, comme on jugeaqu’il feroit plus ailé de le partager avant qu'il fût cuit,