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du Capitaine Cook. i 77
pierre , on fit venir tous ceux qui étoient auprès dufeu , & on effaya d’y porter ces deux hommes ; tousles efforts furent inutiles ; la nuit étoit extrêmementnoire \ la neige étoit très-haute , & il leur étoit très-difficile de fe faire un chemin a travers les broufi’ailles& fur un terrein marécageux où chacun d’eux faifoicdes chûtes à tous les pas. Le feul expédient qu’ils ima-ginèrent fut de faire du feu fur le lieu même ; maisla neige qui étoit fur terre , celle qui tomboit encoredu ciel & celle que les arbres laiffoient tomber à grosfloccons, les mettoit dans l’impoffibilité d’allumer dufeu dans ce nouvel endroit ou d’y en porter de celuiqu’ils avoient allumé dans le bois. Ils furent donc ré-duits à la trille nécefiité d’abandonner ces malheureuxà leur deftinée , après leur avoir fait un lit de petitesbranches d’arbres , & les en avoir couverts jufqu’à unehauteur affez confidérable.
Après être demeurés ainfi expofés à la neige &au froid pendant une heure & demie, quelques-uns deceux qui n’avoient pas encore été faifis du froid com-mencèrent à perdre le fentiment. Entr’autres, Brifcoe,un des domeftiques de M. Banks , fe trouva fi malqu’on crut qu’il mourroit avant qu’on pût l’approcherdu feu.
A la fin cependant ils arrivèrent au feu , & pafsè-rent la nuit dans une fituation qui, quoique terribleen elle-même, l’étoit encore davantage par le fouvenirde ce qui s’étoit pafié & par l’incertitude de ce quiles atrendoit. De douze hommes qui étoient partis lematin pleins de vigueur & de famé , deux étoient
Ann. 1769Janvier.