Voyage
environ une demi-heure après , il eut le chagrin de
avoit laifle Richmond, qu’ils n’y avoient trouvé per-fonne, & que, bien qu’ils eulfent crié à plufieurs re-
une caufe d’étonnement & de chagrin particuliére-ment pour M. Banks, qui ne pouvoir concevoir com-
compagnie , étoit demeurée dans l’havrefac d’un desabfents , & on conjeétura que le noir & le Matelot,qu’on avoit laiffés avec Richmond , s’étoient fervi dece moyen pour réveiller Richmond & pour fe teniren haleine, ôc que tous trois en ayant bu un peu trops’étoient écartés de l’endroit où on les avoit taillés ,au lieu d’attendre le fecours ôc les guides qu’on leuravoit promis. Sur ces entrefaites , la neige ayant re-commencé à tomber ôc duré deux heures entières, ondéfefpéra de revoir ces malheureux, au moins vivans.Mais vers minuit, à la grande fatisfaélion de ceux quiétoient autour du feu, on entendit des cris. M. Banksôc quatre autres fe détachèrent fur le champ, ôc trou-vèrent le Matelot n’ayant que la force qu’il lui falloitpour fe foutenir en chancelant, ôc pour demander qu’onl’aidât. M. Banks l’envoya tout de fuite auprès dufeu, Ôc à l’aide des renfeignemens qu’on put tirer delui, on fe remit à la recherche des deux autres qu’onretrouva bientôt après. Richmond étoit debout, mais nepouvant mettre un pied devant l’autre. Son compa-gnon étoit étendu fur la terre, aufli infenfible qu’une
Ann. 1769,Janvier.
voir fes deux hommes revenir feuls ; ils dirent qu’ilsavoient parcouru tous les environs de l’endroit où l’on
prifes , on ne leur avoit point répondu. Ce récit fut
ment cela étoit arrivé. Cependant on fe fouvint qu’unebouteille de rum , qui faifoit toute la provision de la