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2 (1774)
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274
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Voyage

: - - engourdiffement prefque infurmontables. Il conjura

Ann. 1769. p es compagnons de ne point sarrêter , quelque peine

quil leur en pût coûter & quelque foulagement quilsefpéraffent dans le repos. Quiconque saffoiera, leurdit-il , sendormira , & celui qui sendormira ne feréveillera plus. Après cet avis qui les alarma, il al-lèrent en avant ; ils étoient toujours fur le rocher &cnavoient pas encore pu arriver jusquau marais, lors-que le froid devint li vif, quil produifit les effets qucnleur avoit tant fait redouter. Le Doêteur Solander futle premier qui ne put réfifter à ce befoin de fommeilcontre lequel il sétoit efforcé de prémunir fes compa-gnons ; il demanda quon le laifsât coucher. M. Bankslui fit des prières & des remontrances inutiles. J1 sé-tendit fur la terre couverte de neige, & ce fut avec unepeine extrême que fon ami le tint éveillé. Richmond,un des noirs de M. Banks , qui avoit aufîi fouffert dufroid, commença h relier derrière les autres. M. Banksenvoya en avant cinq perfonnes, parmi lefquelles étoitM. Buchan, pour préparer du feu au premier endroitquils trouveroient convenable, & lui-même avec qua-tre autres demeura avec le Doèleur & Richmondquon fit marcher partie de gré & partie de force :mais lorfquils eurent traverfé la plus grande partiedu marais , ils déclarèrent quils niroient pas plusloin. M. Banks eut encore recours aux prières de auxinftances , tout fut fans effet : quand on difcit àRichmond que sil sarrêtoit il mourroit bientôt defroid j il repondoit quil ne defiroit rien autre choieque de fe repofer & de mourir. Le Doéleur ne renon-çoit pas aufîi formellement à la vie ÿ il difoit quil