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Voyage
:— - - engourdiffement prefque infurmontables. Il conjura
Ann. 1769. p es compagnons de ne point s’arrêter , quelque peine
qu’il leur en pût coûter & quelque foulagement qu’ilsefpéraffent dans le repos. Quiconque s’affoiera, leurdit-il , s’endormira , & celui qui s’endormira ne feréveillera plus. Après cet avis qui les alarma, il al-lèrent en avant ; ils étoient toujours fur le rocher &cn’avoient pas encore pu arriver jusqu’au marais, lors-que le froid devint li vif, qu’il produifit les effets qu’cnleur avoit tant fait redouter. Le Doêteur Solander futle premier qui ne put réfifter à ce befoin de fommeilcontre lequel il s’étoit efforcé de prémunir fes compa-gnons ; il demanda qu’on le laifsât coucher. M. Bankslui fit des prières & des remontrances inutiles. J1 s’é-tendit fur la terre couverte de neige, & ce fut avec unepeine extrême que fon ami le tint éveillé. Richmond,un des noirs de M. Banks , qui avoit aufîi fouffert dufroid, commença h relier derrière les autres. M. Banksenvoya en avant cinq perfonnes, parmi lefquelles étoitM. Buchan, pour préparer du feu au premier endroitqu’ils trouveroient convenable, & lui-même avec qua-tre autres demeura avec le Doèleur & Richmondqu’on fit marcher partie de gré & partie de force :mais lorfqu’ils eurent traverfé la plus grande partiedu marais , ils déclarèrent qu’ils n’iroient pas plusloin. M. Banks eut encore recours aux prières de auxinftances , tout fut fans effet : quand on difcit àRichmond que s’il s’arrêtoit il mourroit bientôt defroid j il repondoit qu’il ne defiroit rien autre choieque de fe repofer & de mourir. Le Doéleur ne renon-çoit pas aufîi formellement à la vie ÿ il difoit qu’il