156 Voyage
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Ann. 1768.Décemb.
nous. Ce font les Américains qui les fabriquent prefquetous.
Il ne nous a pas été poffible d’apprendre en quel en-droit & à quelle diftance de Rio-Janeiro lontles mines;elles font la richeffe de la Ville : on en. cache la fituationavec des précautions extrêmes, & il y a des Soldats quifont continuellement la garde fur les chemins qui y con-duifent. Excepté ceux qui y font employés, perfonnene peut les voir. La curiofité la plus forte excite rare-ment à l’entreprendre ; car on pend fur le champ aupremier arbre quiconque eft trouvé dans les environs,s’il ne prouve pas d’une manière inconteftable qu’il yavoit affaire.
On tire fûrement beaucoup d’or de ces mines; lestravailleurs y courent de fi grands dangers de perdrela vie , que la crainte doit détourner de ce travailtous ceux qui n’y font pas accoutumés. On importeannuellement 40000 Nègres au compte du Roi ,pour fouiller, les mines. Des témoins dignes de foinous ont affuré que deux ans avant notre arrivée,en ijGG , il y en mourut un fi grand nombre , pro-bablement par quelque maladie épidémique , que la
Ville de Rio-Janéiro fut obligée d’en fournir 20 millede plus.
Il y a des mines fi remplies de pierres précieulesqu’on ne permet pas d’en tirer au-delà d’une certainequantité par an. On envoie pour cela des ouvriersqui y relient un mois plus ou moins ; ils reviennentaprès en avoir ramaflé la quantité fixée par le Gou-vernement ,