Ann. 1768.Novemb.
241 Voyage
Soldats ; il nous renvoya enfuite M. Hicks, avec une ef-corte fur un de fes propres bateaux. Dès qu'il m’eut faitpart de cet évènement, j’écrivis de nouveau au Viceroi,en redemandant ma chaloupe & mes gens; je renfermaidans ma lettre le mémoire que lui avoit préfenté M.Hicks & qu’il n’avoit pas accepté. J’envoyai le tout parun bas-Officier , afin d’éluder la difficulté fur la Sen-tinelle , que je n’avois jamais refufée que quand ily avoit un Officier breveté à bord de nos chaloupes.
On lui permit de débarquer avec un Soldat qui I’ac-compagneroit ; il remit fa lettre, & on lui dit que lelendemain on y feroit réponfe.
Vers les huit heures du foir , un vent du Sudcommença à fouffler par raffales violentes & fubites ;notre grande chaloupe s’en revenant précifément alorsavec quatre pipes de rum , la corde qu’on lui avoitjettée du vaiffeau, & que tenoient les Matelots , rom-pit ; la chaloupe, chaffée par les vents , s’enfuit fortloin , avec un petit elquif de M. Banks qui étoit atta-ché à fa poupe : c’étoit un grand malheur , parce quela pinaffie étoit détenue à terre , & que nous n’avionsà bord d’autre chaloupe qu’un bateau à quatre ra-mes. Cependant nous équipâmes à l’inftant ce bateaupour l’envoyer au fecours des deux petits bâtimens que sle vent nous enlevoit. Malgré tous les efforts des hom-mes qu’ils portoient , nous les eûmes bientôt perdusde vue. Il eft vrai qu’il étoit fort tard , & que nousne pouvions pas voir de bien loin ; cependant nosgens appercevoient les objets à une affez grande dis-tance pour nous convaincre , que nous ne pouvions