Ann. 1768.Novemb.
140 Voyage
- de débarquer & de difpofer d’eux-mêmes comme ilsle voudroienr. Il efi facile de concevoir combien ilsfurent mortifiés en apprenant ce que je leur racontai ;leur chagrin augmenta lorfqu’ils apprirent qu’on avoitréfolu de les empêcher non - feulement de réfider àterre & d’aller dans la campagne , mais même defortir du vaifleau. Le Viccroi avoit ordonné que per-fonne ne débarqueroit , excepté le Capitaine & lesMatelots dont il auroit beioin ; probablement ilavoit eu particulièrement en vue dans cette défenfeles pafïagers, qu’on avoit annoncés comme des Savansqui venoient faire des obfervations & des découvertes,& qui étoient très en état de remplir la commiffionqu’on difoit être le but de leur voyage. Cependant MM.13anks & Solander s’habillèrent le loir , & entreprirentde débarquer pour rendre une vifite au Viceroi ; maisils furent arrêtés par le bateau de garde qui étoit re-venu avec notre pinafTe ôc qui tourna fans ceffe autourde notre bâtiment tant que nous fûmes là. L’Officierleur dit qu’il étoit forcé d’obéir à des ordres particu-liers, qui défendaient aux paffagers & à tous les Offi-ciers , excepté le Capitaine , de palier outre. Aprèsbeaucoup de prières inutiles, ils revinrent à bord avecbien de la répugnance & du mécontentement. Je dé-barquai une fécondé fois , & je trouvai toujours leViceroi inflexible. Il répondoit à tout ce que je pou-vois alléguer , que dans toutes les défenfes qu’il nousavoit faites , il obéilloit au Roi de Portugal , & qu’ilne pouvoit pas enfreindre les inftru&ions qu'on luigvoit données.
Dans