du Capitaine Cook. 239
Par les précautions extrêmes qu’il employoit à notreégard & la févérité des défenfes qu’il nous avoit im-pofées , je jugeai qu’il foupçonnoit que nous étionsvenus pour commercer, & je tâchai de le convaincredu contraire. Je lui dis que, par ordre du Roi d’An-gleterre, nous faifions voile vers le Sud, pour obferverle palPage de Vénus fur le difque du Soleil , phé-nomène aftronomique très-important à la navigation.Il ne put jamais m’entendre ; il crut que je parloisdu paffage de l’Etoile du Nord à travers le pôle auftral ;ce font-là du-moins les propres expreffions de Ton In-terprète qui étoit Suédois & qui parloir très-bienAnglois. Je n’imaginois pas qu’il fût nécelfaire de luidemander permiffion , pour que nos Officiers & nosNaturaliftes puffent débarquer pendant le jour , &que je fuffe en liberté moi-même quand je ferois àterre : je ne fuppofois point qu’il eût d’autre deffiein ,mais malheu-eufement je me trompois. Dès que j’euspris congé de fon Excellence , je trouvai un Officierqui avoit ordre de me fuivre par-tout. Je lui en de-madai la raifon , & il me répondit qu’on vouloit par-làme faire honneur ; je fis des excufes & des inllancespour refufer cette offre obligeante ; mais le bon Viceroine voulut pas m’en difpenfer.
Ann. 1768.Novemb.
Je retournai donc à bord accompagné de cet Offi-cier. Il étoit environ midi. MM. Banks & Solanderm’attendoient avec impatience ; ils ne doutoient pasque Je procès-verbal des efpions de la veille & ma con-férence avec le Viceroi n’eufîent diffipé tous les fcru-pules de fon Excellence , & qu’enfin ils fuflènc libres
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