Ann. 1768.Novemb,
zjS Voyage
'■ combien nous avions de canons & d’hommes. Ils firentpluheurs autres queftions auxquelles nous répondîmesfans héfiter & avec vérité. Ils ajoutèrent , pour juf-tifier la détention de mon Lieutenant & le renvoi dema pinafle avec un Officier Portugais , que c’étoit lacoutume invariable de la place, de retenir le premierOfficier qui débarquoit d’un bâtiment lors de fon arri-vée , jufqua ce que le bâteau du Viceroi eût vifitél’équipage , «Se qu’on ne permettoit pas que perfonnefortît du vaifièau ou y entrât fans être accompagnéd’un Soldat. Ils me dirent que je pouvois débarquerquand il me plairoit ; mais qu’ils fouhaitoient que lerelie de l’équipage reliât à bord, jufqu’à ce que le pro-cès-verbal qu’ils avoient drefié eût été remis au Vice-roi. Us me promirent qu’immédiatement à leur retour,mon Lieutenant feroit renvoyé.
Ils tinrent leur parole ; & le lendemain, 14 , jedébarquai. J’obtins permifiion du Viceroi d’acheter desprovifions & des rafraîchiffemens pour le vaifièau , àcondition toutefois que j’aurois un de fes gens pour mefervir de facteur. Je lui fis quelques obje&ions fur cetarticle ; il perfifta , parce que c’étoit l’ufage. Je merécriai aufii fur le Soldat qui devoit nous accompagnertoutes les fois que nous fortirions de notre bâtiment &que nous voudrions y rentrer ; il me répliqua que telsétoient les ordres exprès de fa Cour , & qu’il ne pou-voit s’en départir en aucun cas. Je le priai de permettreà nos Officiers de débarquer pendant notre féjour, Scà M. Banks d’aller dans la campagne pour y ramafierdes plantes , mais il refufa abfolument d’y confentir.