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Ann. 1768.ÎMovemb,
2,36 Voyage
’ pour \C sheüngs , & qu’on auroit eu probablementpour la moitié ; ils vendirent pour 19 shelings &demi allez de poiflbns frais pour tout 1 équipage : ilsn’avoient pas épargné le lel.
Ces pêcheurs avoient pour toute provifîon de merlin tonneau d’eau, & un lac de farine de Calîave qifilsappelloient farinha de pao , ou farine de bois , nomqui lui convenoit très-bien , car elle en avoir réelle-ment l’apparence & le goût ; leur tonneau étoit fortgrand & auffi large que le bâtiment , au fond duquelil remplilîoit exactement la place qu’on lui avoit pré-paré. Il n’étoit pas pollible d’en tirer de l’eau par unrobinet ; les côtés du bâtiment en fermoient toutes lesavenues ; & l’on ne pouvoit pas non plus y en puiferavec un vafe par le fommet. 11 auroit fallu pour celaune ouverture allez large, & le roulis du bâtiment enauroit fait perdre une grande partie. Ils fe fervoientd’un expédient fingulier pour avoir de l’eau. Lorfquel’un d’eux avoit envie de boire, il s’adrelfoit à fon voilinqui l’accompagnoit au tonneau avec une efpèce de canneen forme de tuyau d’environ trois pieds de long ; ilsplongeoient cette canne dans le tonneau par un petittrou qui étoit au-deffus ; ils la retiroient enfuite aprèsavoir bouché l’extrémité fupérieure avec la paume dela main. La compreffion de l’air à l’autre bout, empê-choit l’eau qui étoit contenue dans la canne de retom-ber. Celui qui vouloit boire appliquoit fa bouche aubout d en - bas , & fon compagnon admettant J aira 1 autre extrémité, la canne lailToit tomber l’eau qu ellerenfermoit.