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Voyage
même ont refufé jufqu’à préfent d’adopter cette prati-
^Septemb^* ^ ue » <l uoic l ue toufe une vendan g e foie fouvenc gâtéepar la trop grande quantité de fauvageons qu’ils ne
veulent pas en féparer , parce qu’ils augmentent laquantité du vin. Cet exemple de la force de l’habitudeeft d’autant plus extraordinaire qu’ils ont adopté lagreffe pour des arbres fruitiers d’une bien moindreimportance , tels que les châtaigniers auxquels cetteméthode fait porter du fruit plus promptement qu’ilsne feroient fans elle.
Nous ne vîmes aucuné voiture à roues dans lepays, privation qu’il faut peut-être attribuer moins audéfaut d’invention des habitans qu’à leur manqued’induftrie, pour former des chemins praticables. Lesroutes font en effet fi mauvaifes , qu’il feroit impoffi-ble à aucune voiture d’y paffer : on ne fe fert que dechevaux & de mules qui font très-propres à de pareilschemins ; ils ne les emploient cependant pas pour letranfport de leurs vins. Des vignes où on les fait, com-me nous avons vu plus haut , on les tranfporte à laVille dans des outres ou peaux de boucs , que deshommes chargent fur leurs têtes. La feule imitationgroffière d’une voiture que nous ayons vue parmi cesgens, eft une planche épaiffe un peu creufée dans lemilieu, à une extrémité de laquelle une efpèce de ti-mon s’attache avec une courroie de cuir blanc. Cemiférable traîneau ne reffemble pas plus à un charriotanglois , qu’un canot de fauvage à la chaloupe d’ungrand vaiffeau. On peut même croire que cette inven-tion, toute groffière qu’elle eft , eft due aux Anglois