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Ann. 1768.Septemb.
Voyage
& frere du DoCteur Heberden de Londres, leur pro-cura pourtant quelques plantes en fleur : il leur donnaaufli des échantillons de beaucoup de morceaux de fonCabinet & une copie de fes obfervations botaniques,contenant entre autres détails une defcription particu-lière des arbres que nourrit le pays. M. Banks voulutavoir quelque renfeignement fur l’efpèce de bois d’E-bénifterie qu’on porte de cette Ifle en Angleterre ,appelle , par nos Marchands & nos ouvriers, maho-gani de Madère. Il apprit qu’on n’exportoit de l’Ifleaucun bois fous ce nom , mais il reconnut un arbreappellé, par les Infulaires, Vigniatico qui efl le Lauruszndicus de Linnæus s dont le bois différé fort peu àl’œil du mahogani. Le Doéteur Heberden a des ar-moires dans lefquelles le vigniatico & le mahoganifont mêlés , & où il eft difficile de les diftinguer l’unde l’autre. On remarque feulement, en y faifant atten-tion , que la couleur du vigniatico eft un peu moinsfoncée que celle du mahogani. Il eft donc très-pro-bable que le bois connu en Angleterre , fous le nomde Mahogani de Madère, eft le vigniatico même.
It y a de grandes raifons de croire que toute cetteIfle eft fortie anciennement du fein de la mer par l’ex-plofion d’un volcan. Toutes les pierres, jufques dansleurs plus petits fragments , paroiflent avoir été brû-lées , & l’efpèce de fable qui couvre le fol n’tft lui-même qu’une cendre. Quoique nous n’ayons vu qu’unepetite partie du pays, les habitans nous ont dit que lerefte de 1 Ifle eft exactement de la même nature.
Le feul objet de commerce que Madere fourniffe eft