autour du Monde. 197
féjour au Cap, &, lorfque le batiment fut prêt à re-mettre k la voile, je revins à bord fans être foulagé.
Nous employâmes tout le tems à radouber le vaif-feau. On détendit toutes les voiles, on abattit les ver-gues & les mâts, on dreffa la forge ; les Charpentierscalfatèrent, les Voiliers raccommodèrent les voiles ,le Tonnelier mit les futailles en état , les Matelotsrétablirent les agrès, & les bateaux allèrent chercherde l’eau.
Le 10, les gros ouvrages étant prefque achevés, jepermis à vingt des hommes , qui avoient eu la petitevérole , d’aller à la Ville ; je fis débarquer les autres quirifquoient de prendre cette maladie à quelque diflance ,en leur ordonnant d’aller dans la campagne, & des’en revenir le foir , ce qu’ils exécutèrent ponctuelle-ment. Pendant tout le tems que le vaiffeau fut à l’an-cre, je leur accordai la même liberté. Chacun s’entrouva très-bien; les gens de l’équipage, excepté lesmalades qui eurent bientôt recouvré la fanté, étoientplus fains & plus vigoureux que lors de notre départd’Angleterre : nous achetâmes a un prix raifonnablel’ancre & les cables que les Marchands de Batavian’avoient pas voulu nous vendre , & en outre de gref-fes toiles ôc d’autres provifions. Nous fîmes de l’eaudouce par diftillation , afin de montrer aux Capitaines& Officiers des vailfeaux de l’Inde, qu’on pouvoit aubefoin fe procurer en mer une eau faine & potable. Acinq heures du matin, nous mîmes cinquante-fix gal-lons d’eau falée dans une cucurbite ; à fept heures elle
Ann. 1768.Février.