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2 (1774)
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Voyage

réfugier ; que le Charpentier étoit mourant, & que le"^écemb 7 * Cuifinier étoit eftropié par fes bleffures. Par toutes cesraifons , ils me fupplioient de les prendre à bord poul-ies ramener en Angleterre ou au-moins de les licen-cier ; ce fut avec beaucoup de regret & de compaffionque je répondis à ces malheureux quil métoit impof-fibîe de les foulager, & que puifquon les avoit chargésde la garde de léquipement du navire , ils dévoientattendre des ordres de lAmirauté. Ils me répliquèrentque depuis quon les avoit laiffés dans ces parages, ilsnavoient pas reçu un feul ordre de la Grande-Bre-tagne ; ils me conjurèrent ardemment de faire con-noître leur malheur , afin quils puffent obtenir desfecours. Ils ajoutèrent quon leur devoit dix ans depaye, quils avoient vieillis en attendant leur argent,& quils confentoient à préfent de perdre cette fom-me , & a exercer dans leur patrie les emplois lesplus vils , plutôt que de continuer à fouffrir lesmisères de leur fîtuation aduelîe , qui étoient eneffet très - grandes. Quel que fût leur état , on neleur permettoit pas de paffer une nuit à terre , &lorfquils étoient malades , perfonne ne les vifitoit àbord. Ils étoient dailleurs volés par les Malays , &fans ceffe dans la crainte dêtre maffacrés par cespirates qui, peu de tems auparavant, avoient brûlé laprife Siamoife ( a ). Je les affurai que je ferois tousmes efforts pour procurer du foulagement à leursmaux , & ils me quittèrent les larmes aux yeux.

Comme les Marchands de Batavia ne me parlèrent

(a) Cétoit probablement une prife quavoit fait le Falmouth.