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Voyage
toutes les minutes. Ces planches ont ordinairement
Ann- 1767. l’épailîeur d’un pouce ; ils en conftruifent un bateau ,Juillet. ., i,. , • , ,
avec toute I exactitude que pourroit y mettre un habile
Charpentier. Afin de joindre ces planches, ils font destrous avec un os attaché à un bâton qui leur fert devillebrequin ; dans la fuite ils fe fervirent pour cela denos clous avec beaucoup d’avantage : ils paflent dansces trous une corde treffée qui lie fortement les plan-ches l’une à l’autre. Les coutures font calfatées avecdes joncs fecs, & tout l’extérieur du bâtiment eft enduitd’une gomme que produifent quelques - uns de leursarbres & qui remplace très-bien l’ufage de la poix.
Le bois dont ils fe fervent pour leurs grandes piro-gues eft une efpèce de pommier , très - droit & quis’élève à une hauteur confidérable. Nous en mefurâmesplufieurs qui avoient près de huit pieds de circonférenceau tronc & vingt à quarante de contour à la hauteurdes branches, & qui étoient par-tout à-peu-près dela même grofleur. Notre Charpentier dit qu’à d’autreségards ce n’étoit pas un bon bois de conftruéfion , parcequ’il eft très-léger. Les petites pirogues ne font quele tronc creufé d’un arbre à-pain , qui eft encoreplus léger & plus fpongieux. Le tronc a environ fixpieds de circonférence & l’arbre en a vingt à la hau-teur des branches.
Les principales armes des Otahitiens font les maftues,les bâtons noueux par le bout, & les pierres qu’ils lan-cent avec la main ou avec une fronde. Us ont des arcs& des flèches ; la flèche n’eft pas pointue, mais feule-ment