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autour du Monde. 155
féparent les charbons & retirent les cendres fur les
côtés : ils couvrent le foyer d’une couche de feuilles A> ™\J 767 "1 ■ .1 Juillet,
vertes de cocotiers, & ils y placent 1 animal qu ils veu-lent cuire, après l’avoir enveloppé de feuilles de plane;li c’eft un petit cochon , ils l’apprêtent ainfi fans ledépecer, & ils le coupent en morceaux s’il eft gros.
Lorfqu’il eft dans le foyer, ils le recouvrent de char-bons, «St ils mettent par-deffus une autre couche defruits-à-pain & d’ignames, également enveloppés dansdes feuilles de plane ; ils y répandent enfuite le reftedes cendres, des pierres chaudes, & beaucoup de feuil-les de cocos ; ils revêtent le tout de terre , afin d’yconcentrer la chaleur. Ils ouvrent le trou après uncertain tems proportionné au volume de ce qu’on yfait cuire ; ils en tirent les aliments qui font tendres ,pleins de fuc , & , fuivant moi, beaucoup meilleursque fi on les avoit apprêtés de toute autre manière :le jus des fruits , & l’eau falée forment toutes leursfauces. Ils n’ont pas d’autres couteaux que des coquil-les avec lefquelles ils découpent très - adroitement &dont ils fe fervent toujours.
Notre Canonnier, pendant la tenue du marché, avoitcoutume de dîner à terre ; il n’eft pas poftible de décrirel’étonnement & la furprife qu’ils témoignèrent, lorfqu’ilsvirent qu’il faifoit cuire fon cochon & fa volaille dansune marmite. J’ai obfervé plus haut qu’ils n’ont point devafe ou poterie qui aille au feu, & qu’ils n’ont aucuneidée de l’eau chaude & de fes effets. Dès que le vieillardfut en poftèftion du pot de fer que nous lui avions don-né, lui & fes amis y firent bouillir leurs aliments. La
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