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2 (1774)
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156
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156 Voyage

Reine & plufieurs des chefs, qui avaient reçu de nousJuillet 7 * ^ es marm ^ Ces > s en fervoienc conftamment ; & lesOtahitiens alloient en foule voir cet inftrument, com-me la populace va contempler un Spectacle de monf-tres & de marionettes dans nos foires dEurope. Ilnous parut quils nont dautre boiflon que de leau ,de quils ignorent heureufement lart de faire fermen-ter le fuc des végétaux pour en tirer une liqueur eni-vrante. Nous avons déjà dit quil y a dans l'Ifle descannes à fucre ; mais, à ce quil nous fembla, ils nenfont dautre ufage que de les mâcher, & même cela neleur arrive pas habituellement; ils en rompent feule-ment un morceau lorfqu'ils paffent par hafard dans leslieux croît cette plante.

N o u s navons pas eu beaucoup doccafions de con-noître en détail leur vie domeftique & leurs amufe-mens; nous jugeâmes parleurs armes & les cicatricesque portoient plufieurs dentreux, quils font quelque-fois en guerre ; nous vîmes par la grandeur de ces cica-trices , quelles étoient les fuites des bleffures confidé-rables que leur avoient faites des pierres , des maf-fues, & dautres armes obtufes ; nous reconnûmes auffipar-, quils avoient fait des progrès dans la Chi-rurgie , & nous en eûmes bientôt des preuves pluscertaines. Un de nos Matelots étant à terre fe mit uneécharde dans le pied : comme notre Chirurgien étoità bord , un de fes camarades sefforça de la tirer avecun canif; mais après avoir fait beaucoup fouffrir lepatient, il fut obligé dabandonner lentreprife. Notrevieil Otahitien préfent à cette fcène, appella alors un