Ann. 1767.Juillet.
154 Voyage
a dans rifle beaucoup de rats , mais je n’ai pas vuqu’ils les mangeaient. La rivière fournit de bons mu-lets , mais ils ne font ni gros, ni en grande quantité :ils trouvent fur le récif des conques , des moules &d’autres coquillages qu’ils prennent à la marée baffe,& qu’ils mangent cruds avec du fruit-à-pain , avantde retourner à terre. La rivière produit aufîî de bellesécrevilï'es ; &, à peu de diffance de la côte, ils pêchentavec des lignes & des hameçons de nacre-de-perle ,des perroquets de mer & d’autres efpèces de poiffons,qu’ils aiment fi paffionnément, qu’ils ne voulurentjamais nous en vendre, malgré le haut prix que nousleur en offrions. Us ont encore de très-grands filetsà petites mailles , avec lefquels ils pêchent certainspoiffons de la grofîeur des fardines. Tandis qu’ilsfe fervoient de leurs lignes & filets avec beaucoup defuccès , nous voulûmes les employer aufîî, mais nousne prîmes pas un feul poiffon ; nous nous procurâmesquelques - uns de leurs hameçons &c de leurs lignes,mais n’ayant pas leur adreffe, nous ne réufsîmes pasmieux.
Voici la manière dont ils apprêtent leurs alimens.Us allument du feu en frottant le bout d’un morceaude bois fec fur le côté d’un autre, à-peu-près commenos Charpentiers aiguifent leurs cifeaux ; ils font en-fuite un creux d’un demi-pied de profondeur & dedeux ou trois verges de circonférence ; ils en paventle fond avec de gros cailloux unis , & ils font du feuavec du bois fec , des feuilles & des coques de noixde cocos. Lorfque les pierres font affez chaudes , ils