autour du Monde. ij$
mettoient dans les trous une efpèce de pâte compoféed’huile & de fuie qui laiffe une tache ineffaçable. Les Ann. 1767-
i % * r uillet.
petits garçons & les petites filles au-deffous de douze
ans , ne portent point ces marques ; nous vîmesquelques hommes dont les jambes étoient peintes enéchiquier de la même manière, & il nous parut qu’ilsavoient un rang diftingué «Sc une autorité fur les autresInfulaires. Un des principaux fuivants de la Reine nousfembla beaucoup plus difpofé que le refte des Otahi-tiens h imiter nos maniérés, & nos gens , dont il devintbientôt l’ami, lui donnèrent le nom de Jonathan. M.
Furneaux le revêtit d’un habit complet à l’Angloife,qui lui alloit très - bien , nos Officiers étoient tou-jours portés 'a terre , parce qu’il y avoit un banc defable à l’endroit où nous débarquions ; Jonathan, fierde fa nouvelle parure , fe faifoit auffi porter par quel-ques-uns de fes gens. Il entreprit bientôt de fe fervirdu couteau & de la fourchette dans fes repas ; mais,lorfqu’il avoit pris un morceau avec fa fourchette, ilne pouvoit pas venir à bout de conduire cet inftru-ment ; il portoit fa main k fa bouche , entraîné parla force de l’habitude , & le morceau qui étoit aubout de la fourchette alloit paffer à côté de fon yoreille.
Les Otahitiens fe nourriffent de cochons , devolailles , de chiens & de poiflons , de fruit rk-pain , de bananes , d’ignames , de pommes & d’unautre fruit aigre, qui n’eft pas bon en lui-même,mais qui donne un goût fort agréable au fruit-k-pain grillé , avec lequel ils le mangent fouvent. Il y
Terne, II. V