Ann. 1767.Juillet.
ijx Voyage
î danger d’être mis en pièces ; tout notre monde avoir parjour des provifions fraîches & des fruits autant qu'ilspouvoient en manger, & j’avois été embarraffé jufqu’a-lors d’expliquer d’ou provenoit cette détérioration.L’habillement des hommes & des femmes efl de bonnegrâce , & leur lied bien ; il eft fait d’une efpèce d’é-toffe blanche, que leur fournit l’écorce d’un arbufte , &qui reffemble beaucoup au gros papier de la Chine.Deux pièces de cette étoffe forment leur vêtement ;l’une qui a un trou au milieu pour y palier la tête ,pend depuis les épaules jufqu’k mi-jambe devant &derrière ; l’autre a quatre ou cinq verges de longueur& à-peu-près une de largeur; ils l’enveloppent autourde leur corps fans la ferrer. Cette étoffe n’eft pointtifîue; elle efl fabriquée comme le papier, avec les fibresligneufes d’une écorce intérieure qu’on a mifes enmacération , &c qu’on a enfuite étendues & battues lesunes fur les autres. Les plumes, les fleurs, les coquil-lages & les perles font partie de leurs ornemens &de leur parure; ce font les femmes fur-tout qui por-tent les perles ; j’en ai acheté environ deux douzainesde petites; elles font d’une couleur allez brillante,mais elles font toutes écaillées par les trous qu’on ya fait. M. Furneaux en vit plufieurs dans fon excur-fion à rOueft de l’Ifle ; mais il ne put en acheter au-cune quoi qu’il en offrît. Je remarquai que c’efl iciun ufage univerfel parmi les hommes & les femmesde fe peindre les fefiès & le derrière des cuiffes, avecdes lignes noires très-ferrées, & qui repréfentent dif-férentes figures ; ils fe piquent la peau avec la dent4’un inftrument affez refle.mblanc à un peigne, & ils
mettent