autour du Monde. 151
laiffent flottants, & alors ils bouclent avec beaucoupde roideur ; les enfans des deux fexes les ont ordinai-rement blonds. Leurs cheveux font arrangés très-pro-prement , quoiqu’ils ne connoiffent point l’ufage despeignes ; ceux à qui nous en avions donné , favoienttrès - bien s’en fervir. C’eft un ufage univerfel parmieux de s’oindre la tête avec une huile de cocos, danslaquelle ils infufent la poudre d’une racine qui a uneodeur approchante de celle de la rofe. Toutes les fem-mes font jolies & quelques-unes d’une très-grandebeauté. Ces Infulaires ne paroifîoient pas regarder lacontinence comme june vertu , les Otahitiennes ven-doient leurs faveurs à nos gens librement & en public,oc même leurs peres & leurs freres nous les ame-noient fouvent eux-mêmes, afin de tranfiger fur cetarticle; ils connoiffent pourtant le prix de la beauté,de la grandeur du clou qu’on nous demandoit pour lajouiffance d’une femme, étoit toujours proportionnée àfes charmes. Les Infulaires, qui venoient nous préfenterdes filles au bord de la rivière, nous montroient avecun. morceau de bois la longueur & la groffeur du cloupour lequel ils nous les céderoient. Si nous confon-dons au marché, ils nous lej envoyoient fur un bateau :car nous ne permettions pas aux hommes de traverferla rivière. L’équipage faifoitee trafic depuis long-tems,iorfque les Officiers s’en apperçurenr; quand quelques-uns de nos gens s’écartoient un peu pour aller rece-voir des femmes, ils avoient la précaution d’en mettred’autres en fentinelle pour n’être pas découverts. Dèsque j’en fus informé, je ne m’étonnai plus qu’on arra-chât les fers de les clous du vaiffeau , & qu’il fut en
Ann. 1767.Juillet.