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autour du Monde. 14^
en faifant plulieurs cérémonies, dont nous ne connoif-fions pas la lignification ; ils prirent enluite quelquespetits fruits , dont ils fe peignirent en rouge , & ilsexprimèrent de l’écorce d’un arbre un fuc jaune qu’ilsrépandirent en différens endroits de leurs habillemens.Le vieillard nous voyoit encore , lorfque nous nousmîmes à gravir la montagne , & s’appercevant quenous avions peine à nous ouvrir un paffage à travers lesronces & les buiffons qui étoient très-épais, il revintfur fes pas , & dit quelque chofe à fes compatriotesd’un ton de voix ferme & élevé ; fur quoi vingt outrente d’entr’eux, allèrent devant nous & débarrafsè-rent le chemin ; ils nous donnèrent aufii en route del’eau & des fruits pour nous rafraîchir , & ils nousaidoient à grimper les endroits les plus difficiles quenous n’aurions pas pu franchir fans eux. Cette mon-tagne étoit éloignée d’environ fix milles du lieu denotre débarquement, & fon fommet nous parut élevéd’environ un mille au-deffus du niveau de la rivièrequi coule dans la vallée. Lorfque nous fûmes arrivésen haut, nous nous afsîmes une fécondé fois pour nousrepofer & nous rafraîchir. Nous nous flattions enmontant que , parvenus au fommet , nous découvri-rions toute l’Ifle, mais nous trouvâmes des montagnesbeaucoup plus élevées que celle où nous étions. La vuedu côté du vaiffeau étoit délicieufe ; les penchants descollines font couverts de beaux bois & de villagesrépandus çà & là j les vallées préfentent des payfagesencore plus riants ; il y a un plus grand nombre demaifons , & plus de verdure. Nous vîmes très - peud’habitations au-deflùs de nous, mais nous apperçû-
Ann. 1767,Juillet.