Ann 1766.Juillet.
141 Voyage
defîus de nous. Notre vieillard voyant que nous nouslevions précipitamment & que nous courions à nosarmes, nous pria de continuer à rcfter aflis, & il allafur le champ vers les Otahitiens qui nous étoient venusfurprendre. Dès qu’il les eut abordés, ils fe turent &s’en allèrent, peu de tems après ils revinrent, & appor-tèrent un gros cochon tout cuit, beaucoup de fruits-à-pain , d’ignames & d’autres rafraîchiffemens , qu’ilsdonnèrent au vieillard qui nous les diftribua. Je leurdonnai en retour quelques clous, des boutons & d’au-tres choies qui leur firent bien du plaifir. Nous pour-fuivîmes enfuite notre chemin dans la vallée, aulîi loinqu’il nous fut polïible, eu examinant tous les courantsd’eau & les endroits qu’ils avoient arrofés , pour voir finous n’y trouverions point de veftiges de métaux oude minéraux ; mais nous n’en découvrîmes aucunetrace. Je montrai à tous les habitans que nous ren-contrions le morceau de falpêtre qui avoit été ramaffédans l’Ifle , mais aucun d’-eux ne parut le connoître ,& je ne pus point avoir d’éclairciflemens fur cette ma-tière. Le vieillard commença à être fatigué, & , commeil y avoit une montagne devant nous, il nous fit fignequ’il vouloit aller dans fon habitation ; cependant ,avant de nous quitter, il fit prendre à fes compatrio-tes, qui nous avoient fi généreufement fourni des pro-vifions, le bagage , avec les fruits qui n’avoient pasété mangés, & quelques noix de cocos remplies d’eaufraîche, & il nous donna à entendre qu’ils nous accom-pagneroient jufqu’au-delà de la montagne. Dès qu’ilfut parti, les Otahitiens détachèrent des branches ver-tes des arbres voifxns, & ils les placèrent devant nous