134 Voyage
au peHpig, q U i 1 CS environnoit en foule, elle le mena à
Ann. 1767. y a ma }' on G ù e ll e l’habilla à la manière du pays, com-Juillet. ,, r ,
me elle en avoit ule avec nous auparavant.
Le 19 , nous reçûmes plus de denrées que nousn’en avions jufqu’à préfent pu obtenir en un jour.Quarante - huit cochons ou cochons de lait, quatredouzaines de poules, du fruit-à-pain, des bananes, despommes & des cocos prefque fans nombre.
Le 20, le commerce fe foutint avantageufemènt,mais Paprès-dîné on découvrit que François Pincknecun des Matelots s avoit arraché les tacquets de la grandeécoute, &, après avoir dérobé les clous à fiches , lesavoit jettés dans la mer. M’étant affuré du coupable ,j’alfemblai tout l’équipage ; & après avoir expofé foncrime avec toutes les circonfiances qui l’aggravoient,je le condamnai à courir trois fois la bouline , en fai-fant le tour du tillac. Toute ma réthorique ne pro-duilit pas beaucoup d’effet , car la plus grande partiede l’équipage étant coupable du même délit, il futtraité fi doucement, que les autres furent plutôt en-couragés par l’efpérance de l’impunité qu’effrayés dela crainte de la punition. Il ne me relia d’autre moyend’empêcher la deliruélion entière du vailfeau & l’en-chérilîement des denrées à un taux , où nous aurionsbientôt manqué de moyens de les payer , que de dé-fendre à tout le monde d’aller à terre, excepté à ceuxqui faifoient de l’eau & du bois, & à la garde que jeleur donnois.
L e 2 r, la Reine vint de nouveau au vailfeau, & fitapporter avec elle plufieurs gros cochoigs en préfent,