Ann. 1767.Juillet.
131 Voyage
pouvoit en tirer. A midi , il revint après avoir fart:environ fix milles le long de la côte. Il trouva le paystrès - agréable & très-peuplé, abondant en cochons ,en volailles , en fruits & en végétaux de différentesfortes ; les habitans ne lui apportèrent aucun obfta-cle, mais ne partirent point difpofés à lui vendre au-cune des denrées que nos gens auroient bien vouluacheter. Ils lui donnèrent cependant des cocos &des bananes, & ils lui vendirent enfin neuf cochons& quelques poules. Le Lieutenant penfa qu’on pour-roit facilement les amener par degrés à un com-merce libre & fuivi; mais la dîftance du vaiffeau étoittrop grande, & il falloit envoyer trop de monde àterre pour y être en fûreté. 11 vit beaucoup de gran-des pirogues au rivage & quelques-unes en conftruc-tion. Il obferva que tous leurs outils étoient de pierre,de coquilles & d’os , & il en conclut qu’ils n’avoientaucune ef'pèce de métal. Il ne trouva d’autres quadru-pèdes chez eux que des cochons & des chiens, ni au-cun vaiffeau de terre ; de forte que toutes leurs nour-ritures étoient cuites au four ou rôties. Dépourvus devafes où l’eau pût être contenue & foumife à l’aêfiondu feu , ils n’avoient pas plus d’idée qu’elle pût êtreéchauffée que rendue foîide. Aufli, comme la Reineétoit un jour à déjeûner à bord du vaiffeau , un desIndiens les plus confidérables de fa fuite, que nouscrûmes être un Prêtre, voyant le Chirurgien remplirla théière en tournant le robinet de la bouilloire, quiétoit fur la table, après avoir remarqué ce qu’on ve-noit de faire , avec une grande curiofiré & beaucoupd’attention, tourna lui-même le robinet, & reçut l’eau