autour du Monde. izj
avoic fait quelques préfens ; qu’elle l’avoic invité à venirdans fa maifon, fituée à environ deux milles çlans lavallée, & qu’elle lui avoit donné des cochons, aprèsquoi elle étoit retournée avec lui au lieu de l’aiguade& lui avoit témoigné le defir d’aller au vaiffeau, ce qu’ilavoit jugé convenable à tous égards de lui accorder.Elle montroit de l’affurance dans toutes fes aétions, &paroifl'oit fans défiance & fans crainte, même dans lespremiers momens qu’elle entra dans le bâtiment. Ellefe conduifit pendant tout le tems qu’elle fut à bord,avec cette liberté qui diftingue toujours les perfonnesaccoutumées à commander. Je lui donnai un grandmanteau bleu que je jettai fur fes épaules, où je l’atta-chai avec des rubans & qui defcendoit jufqu’à fes pieds.J’y ajoutai un miroir, de la raffade de différentes fortes& plufieurs autres chofes qu’elle reçut de fort bonnegrâce & avec beaucoup de plaifir. Elle remarqua quej’avois été malade , & me montra le rivage du doigt ;je compris qu’elle vouloit dire que je devois aller àterre pour me rétablir parfaitement , & je tâchai delui faire entendre que j’y irois le lendemain matin.Lorfqu’elle voulut retourner , j’ordonnai au Canonnierde l’accompagner ; après l’avoir mife à terre, il laconduifit jufqu'à fon habitation qu’il me décriviccomme très-grande & fort bien bâtie. II me dit qu’elleavoit beaucoup de gardes & de domeftiques, & qu’àune petite diftance de cette maifon elle en avoit uneautre fermée d’une palifiade.
Ann. 1767Juillet,
Le 12 au matip , j’allai a terre pour la premièrefois, & ma Princelfe ou plutôt ma Reine , car elle