12.6 Voyage
-qui pourvoit leur faire plus de plaifir, je mis devant
Ann. 17(37. • T» • r r
Juillet 7 eux une monnoie Portugaile , une guinee , une cou-ronne , une piaftre Elpagnole , des shellings , quel-ques nouveaux demi-pences & deux grands clous,en leur faifant entendre par lignes qu’ils étoient lesmaîtres de prendre ce qu'ils aimeroient le mieux. Onprit d’abord les clous avec un grand empreffement,enfuite les demi - pences ; mais l or & l’argent furentnégligés. Je leur préfentai donc encore des clous ôcdes demi-pences & je les renvoyai à terre infinimentheureux.
Cependant notre marché étoit très-mal fourni, lesIndiens refufant de nous vendre des vivres a l’ancienprix & faifant toujours ligne qu’ils vouloient de grandsclous. Il devint aulïi néceffaire d’examiner le vailfeauavec plus de foin pour découvrir en quels endroits onen avoit arraché des clous, nous trouvâmes que tousles taquets étoient détachés & qu’il n’y avoit prefquepas un hamac auquel on eût Iaille fes clous. Je mis enœuvre tous les moyens polTibles pour découvrir les vo-leurs , mais fans aucun fuccès. J’allai jufqu’à défendreque perfonne allât à terre avant qu’on eût trouvé lesauteurs du vol. Je ne gagnai rien , & je fus obligé defaire punir Proétor le Caporal qui fe mutina de nouveau.
Le famedi 11 , dans l’après-midi , le Canonnier vintà bord avec une grande femme qui paroifloit âgée d’en-viron quarante - cinq ans, d’un maintien agréable &d’un port majeftueux. Il me dit qu’elle ne faifoit qued’arriver dans cette partie de Pille , & que voyant legra’nd refpeét que lui montroient les Habitans, il lui