autour du Monde. i2,y
Mardi 7, j’envoyai un des Contre-maîtres avectrente hommes h un village peu éloigné du marché,dans l’efpérance qu’on pourroit y acheter des provi-fions au premier prix, mais ils furent obligés de lespayer encore plus cher. Je fus ce jour-là en étatde fortir pour la première fois de ma chambre , &le tems étant fort beau , je fis dans un bateau en-viron quatre milles le long de la côte. Je trouvai toutela contrée très-peuplée & infiniment agréable. Je visauffi pjufieurs pirogues, mais aucune ne s’approcha demon petit bâtiment , & les Habitans fembloient nefaire aucune attention à nous lorfque nous pallions.Vers midi, je retournai au vailfeau ; le commerce quenos gens avoient établi avec les femmes de l’ifle lesrendoit beaucoup moins dociles aux ordres que j’avoisdonné pour régler leur conduite à terre. Je jugeai doncnéceffaire de faire lire les articles des Ordonnances ,& je punis Jacques Proélor , Caporal des Soldats demarine, qui non - feulement avoit quitté fon pofte &infulté l’Officier, mais qui avoit frappé le Maître d’é-quipage au bras d’un coup fi violent qu’il l’avoit jetteà terre.
Le jour fuivant, 8 , j’envoyai un détachement àterre pour couper du bois. Nos gens rencontrèrentquelques Habitans qui les traitèrent avec beaucoup dedouceur & une grande hofpitalité. Plufieurs de cesbons Indiens vinrent à bord de notre bateau , &paroifi’oient d’un rang diftingué du commun , tant parleurs manières que par leur habillement. Je les traitaiavec des attentions particulières ; & pour découvrir ce