Ann. 1767.Juillet.
12.4 Voyage
pouvoient détacher du navire. Les clous que nous avionsapporté pour le commerce n’étant pas toujours fousleur main , ils en arrachèrent de différentes parties duvaiffeau, particulièrement ceux qui attachent les taquetsd’amure aux côtés du vaiffeau ; il réfulta de - la undouble inconvénient, le dommage qu’en fouffritle bâti-ment & un hauffement confidérable des prix du marché.Quand le Canonnier offrit, comme à l’ordinaire , depetits clous pour des cochons d’une médiocre grofleur,les Habitans refusèrent de les prendre & en montrè-rent de grands, en faifant ligne qu’ils en vouloient defemblables. Quoique j’euffe promis une forte récom-penfe au dénonciateur , on fit des recherches inutilespour découvrir les coupables. Je fus très-mortifié dece contre-tems ; mais je le fus encore davantage enm’appercevant d’une fupercherie que quelques-uns denos gens avoient employée avec les infulaires. Ne pou-vant pas avoir de clous, ils déroboient le plomb & lecoupoient en forme de clous. Plufleurs des Habitansqui avoient été payés avec cette mauvaife monnoie,portoient dans leur fimplicité ces clous de plomb auCanonnier , en lui demandant qu’il leur donnât desclous de fer à la place. Il ne pouvoit céder à leur de-mande quelque jufte qu’elle fût, parce qu’en rendantle plomb monggke , j’aurois encouragé davantage nosgens a le dérober & fourni un nouveau moyen de hauf-fer pour nous les prix & de rendre les provisions plusrares. Il étoit donc néceffaire, à tous égards, de décrierabfoiument la monnoie des clous de plomb , quoiquepour notre honneur j’euffe été bien aife de ne pas hrefufer des Indiens qu’on avoit trompés. . ... ,