autour du Monde. iij
bateaux nous amenèrent nos gens pour dîner, nousenvoyâmes le poifion à terre. Le Canonnier voyantquelques Habitans de l’autre côté de la rivière leur fitfigue de venir a lui ; ils fe rendirent à Ton invitation &il leur donna le goulu , qu’ils coupèrent en morceaux& qu’ils emportèrent ayant l’air très-fatisfaits.
Dimanche , <$ , le vieillard reparut à la tente quifervoit de lieu de marché , & fit entendre au Canonnierqu’il avoit été plus avant dans le pays pour déterminerles Habitans a lui apporter leurs cochons , leurs volailles& leurs fruits dont les endroits voifins de l’aiguadeétoient prefque épuifés. Le bon effet de fa démarchefut bientôt fenfible, car beaucoup d’indiens que nosgens n’avoient pas encore vus , arrivèrent avec descochons beaucoup plus gros qu’aucun de ceux que nousavions reçus auparavant. Le bon-homme fe hafardalui - même à venir au vaifi'eau dans fa pirogue , &m’apporta en préfent un cochon tout rôti. Je fus très-content de fon attention & de fa générofité, & je luidonnai pour fon cochon un pot de fer, un miroir, unverre à boire & quelques autres chofes que perfonneque lui n’avoit dans l’ifle.
Tandis que nos gens étoient à terre, on permit àplufieurs jeunes femmes de traverferdia rivière. Quoi-qu’elles fuffent très-difpofées à accorder leurs faveurs,elles en connoifi’oient trop bien la valeur pour les don-ner gratuitement Le prix en étoit modique , maiscependant tel encore que nos gens n’étoient pas toujoursen état de le payer. Ils fe trouvèrent par-là expofésà la tentation de dérober les clous & tout le fer qu’ils
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Ann. 1767.Juillet.