autour du Monde. tii
Cependant la partie de l’équipage reftée k bords’occupoit à calfater & k peindre les œuvres vives, kraccommoder les agrès , k dilpofer le fonds de cale,& k faire toutes les autres chofes néceffaires dans notrefituation. Ma maladie, qui étoit une colique bilieufe,augmenta 11 fort que ce jour même je fus obligé de memettre au lit. Mon premier Lieutenant continuoit d’êtrefort mal , & notre Munitionnaire étoit dans l’impofli-bilité de faire les fondions. Tout le commandementretomba k M. Furneaux , mon fécond Lieutenant,k qui je donnai des ordres ^^iéraux , en lui recom-mandant d’avoir une attention particulière fur ceux denos gens qui étoient k terre. Je réglai auffi qu’on don-neroit du fruit & des viandes fraîches k l’équipage,tant qu’on pourroit s’en procurer, & què les bateauxfe trouveroient toujours revenus au vaiffeau au foleilcouchant. Ces ordres furent fuivis avec tant d’exac-titude & de prudence que durant toute ma maladie jene fus troublé par aucune affaire , & que je n’eus pasle chagrin d’entendre une feule plainte. L’équipage futconftamment fourni de porc frais , de volaille & defruit en telle abondance, que lorfque je quittai mon litaprès l’avoir gardé près de quinze jours, je les trouvaifi frais & fi bien portants que j’avois peine k croireque ce fuffent les mêmes hommes.
Le dimanche , aB , ne fut marqué par aucun évène-ment ; mais le lundi, 29 , un des gens de la troupe duCanonnier trouva un morceau de falpêtre prefqu’aufîigros qu’un œuf. Comme c’étoit-lk un objet aufli im-portant que curieux , on fit tout de fuite des recherches
Tome IL Q
Ann. 1767.Juin.
f