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Ann. 1767.Juin,
Voyage
pouvoient produire des inconvéniens défagréables. Nousdûmes beaucoup aufli au vieillard, qui ramenoit ceuxdes nôtres qui s’écartoient de la troupe , & dont lesavis fervirent à tenir nos gens perpétuellement fur leursgardes. Les- Indiens cherchoient de tems en tems ànous voler quelque chofe ; mais il trouvoit toujours lemoyen de faire rapporter ce qui avoit été dérobé, parla crainte du fufil , fans qu’on tirât un feul coup'Un d’eux eut un jour l’adreffe de traverfer la rivièrefans être vu , & de dérober une hache. Dès que leCanonnier s’apperçut qu’elle lui manquoit , il le fitentendre au vieillard, & fit préparer fa troupe commes’il eût voulu aller dans les bois à la pourfuite duvoleur. Le vieillard lui fit ligne qu’il lui épargneroitcette peine, & partant fur le champ, il revint bientôtavec la hache. Le Canonnier demanda qu’on mît levoleur entre fes mains, ce que le vieillard confentit àfaire, non fans beaucoup de répugnance. Quand l’Indienfut amené, le Canonnier le reconnut comme ayant déjàfait plufieurs vols , & l’envoya prifonnier à bord duvaiiïeau. Je ne voulois le punir que par la crainte d’unepunition ; je me laiflai donc fléchir par les follicitations& les prières ; je lui rendis la liberté ôt je le renvoyaià terre. Quand les Indiens le virent revenir fain & fauf,leur fatisfaélion fut égale à leur étonnement ; ils lereçurent avec des acclamations univerfelles & le con-duifirent tout de fuite dans les bois. Mais le jour fui-vant il revint, & apporta au Canonnier, comme pourexpier fa faute , une grande quantité de fruit-à-pain& un gros cochon tout rôti.
Cependant