autour du Monde. 119
faifis d’une terreur panique 6c s’enfuirent tous. Quandils furent à quelque diftance , ils s’arrêtèrent ; il leurfit ligne de lui rapporter le canard. Un d’eux s’y ha-farda non fans la plus grande crainte, 6c le vint mettreà fes pieds. Une volée d’autres canards venant à palier,le Chirurgien tira de nouveau 6c en tua heureufementtrois. Cet évènement donna aux infulaires une tellecrainte d’une arme à feu , que mille fe feroient enfuiscomme un troupeau de moutons , à la vue d'un fufiltourné contre eux. Il eft probable que la facilité aveclaquelle nous les tînmes depuis en refpeél 6c leur con-duite régulière dans le commerce, furent en grandepartie dus à ce qu’ils avoient vu dans cette occalionl’inftrument dont auparavant ils n'avoient fait qu’é-prouver les effets.
Comme je prévoyois qu’un commerce particuliers’établiroit bientôt entre ceux de nos gens qui feroientà terre 6c les Naturels du pays , 6c qu'en les aban-donnant à eux-mêmes fur cet article, il pourroit s’é-lever beaucoup de querelles 6c de défordres, j’ordonnaique tout le commerce fe feroit par le Canonnier. Jele chargeai de veiller à ce qu’il ne fût fait aux Indiensaucune violence ni aucune fraude , & d’attacher à nosintérêts, par tous les moyens poflibles, le vieillard quinous avoit jufqu’alors fi bien fèrvi. Le Canonnier rem-plit mes intentions avec beaucoup d’exaétitude 6c defidélité. Il porta fes plaintes contre ceux qui transgrefifoient mes ordres , conduite qui fut avantageufe auxIndiens 6c à nous. Comme je punis les premières fautesavec la févérité néceflaire, je prévins par-là celles qui