autour du Monde. ny
nous étions très-impatiens de les voir de plus près.J’envoyai donc un bateau, & notre étonnement celfa ;nos gens trouvèrent neuf bons cochons , outre leschiens & les étoffes. Ils prirent les cochons, laifsèrentl’étoffe & délièrent les chiens; en échange, ils mirentfur le rivage quelques haches , des clous & d’autreschofes, en faifant figne à plufieurs Indiens , qui étoientà leur vue, de les emporter avec leurs étoffes. A peinele bateau étoit-il revenu à bord , que les Indiens appor-tèrent encore deux cochons , & nous appellèrent. Lebateau retourna, prit les cochons, mais laiffa encorel’étoffe , quoique les Indiens fiffent figne que nousdevions la prendre. Nos gens nous dirent qu’ils n’a-voient touché à rien de ce que nous avions laiffé furle rivage ; quelqu’un imagina que s’ils ne recevoientpas ce que nous leur aviorïs offert , c’étoit parce quenous ne voulions pas accepter leur étoffe : l’événementprouva que cette conjecture étoit jufte ; car ayantdonné ordre qu’on l’enlevât, dès qu’elle fut à borddu bateau , les Indiens parurent & emportèrent dansle bois, avec de grandes démonftrations de joie, toutce que je leur avois envoyé. Nos bateaux allèrent alorsà la petite rivière, & remplirent toutes les pièces d’eau ,faifant à-peu-près fix tonnes. Nous trouvâmes qu’ellesn’avoient point fouffert pendant que les Indiens enavoient été maîtres , & que nous n’avions perdu quequelques féaux de cuir & un entonnoir que nous nepûmes recouvrer.
Le matin du jour fuivant, 17, j’envoyai les bateauxavec une garde , pour continuer de faire de l’eau ;
Pij
Ann. 1767Juin.