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Ann. 1767.Juin.
114 Voyage
gués qu’on avoic tiré à terre. Avant midi , cette opé-ration fut entièrement achevée , & plus de cinquantepirogues , dont plufieurs étoient de foixante pieds delong, larges de trois & amarrées enfemble deux à deux,furent mifes en pièces. On n’y trouva que des pierres& des frondes , fi l’on en excepte deux ou trois pluspetites qui portoient des fruits , des volailles & quel-ques cochons.
A deux heures de l’après - midi, neuf ou dix habi-tans fortirent du bois avec des branches vertes dansleurs mains, qu’ils plantèrent en terre près des bordsde la rivière, & fe retirèrent; un inftant après ils re-parurent , portant avec eux plufieurs cochons quiavoient les jambes liées , & qu’ils placèrent auprèsdes branches, après quoi ils. fe retirèrent encore. En-fin, ils revinrent une troifième fois, apportant dautrescochons & quelques chiens qui avoient les jambes dedevant liées au-defliis de la tête ; & rentrant dans lebois , ils apportèrent encore plufieurs paquets d’uneétoffe qu’ils emploient dans leurs vêtemens , & qui aquelque reffemblance avec le papier des Indes. Ils lesplacèrent fur le rivage, & nous appelèrent pour ve-nir les prendre. Comme nous étions éloignés d’envi-ron trois encablures, nous ne pouvions pas reconnoî-tre bien en quoi confiftoient ces gages de paix. Nousparvînmes cependant à distinguer les cochons & lespièces d’étoffes ; mais en voyant les chiens avec leurspattes fur le cou s’élever à plufieurs reprifes, & mar-cher quelque-tems debout & droits , nous les primespour une efpèce d’animal étranger & inconnu , &