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2 (1774)
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Voyage

dès que nos gens furent à terre , le même vieillard ,a voit paffé la rivière pour aller à eux le premierjour , parut, de l'autre côté , & après avoir fait un longdifcours , traverfa l'eau. Lorfquil fut auprès de nosgens , lOfficier lui montra les pierres qui étoient enpiles fur le rivage , rangées comme des boulets decanon , & qui y avoient été portées depuis notre pre-mier débarquement. Il lui fit voir auffi quelques facsremplis de pierres , pris dans les pirogues que javoisfait brifer, ôc il sefforça de lui faire entendre que lesIndiens avoient été les agreffeurs, & que le mal quenous leur avions fait navoit eu dautre raifon que lanéceffité de nous défendre. Le vieillard fembla com-prendre ce quon vouloit lui dire , mais fans enconvenir. Il fit un difcours à fes compatriotes , enleur montrant du doigt les pierres , les frondes Ôc lesfacs avec une grande émotion, ôc de tems en tems avecdes regards, des geftes & une voix capable deffrayer.Son agitation fe calma pourtant par degrés, ôc lOffi-cier qui , à fon grand regret , navoit pas entenduun mot de fon difcours , tâcha de le convaincre partous les lignes quil put imaginer, quil défiroit vivreen paix avec les Indiens, ôc que nous étions difpofésà leur donner toutes les marques damitié qui feroiencen notre pouvoir. Il lui ferra la main , lembrafîà ôclui fitdifférens petits préfens quil crut pouvoir lui êtreles plus agréables. Il tâcha auffi de lui faire comprendreque nous délirions dobtenir deux des provifions ; queles Indiens ne vinffent quen petit nombre a la fois ,ôc que tandis que nous nous tiendrions dun côté de larivière , ils reftaffent fur lautre bord. Après cela le,